La Grande Mosquée, et les Remparts de Tebanna.


1. La Mosquée Abou l’Hassan Ali Ibn Abi Said Al-Màrini.

La Mosquée Abou l’Hassan Ali Ibn Abi Saïd Al-Màrini, construite en 1340 sous le règne du Sultan Mérinide Abou El Hassan, est considérée comme l’un des joyaux patrimoniaux du quartier Tobana / Tebanna et de Mostaganem. Connue également sous le nom de Grande Mosquée, elle marque une étape essentielle dans la conception urbaine de la ville. 


S’étendant sur 1 200 m², la mosquée fut partiellement restaurée dans les années 1990. Toutefois, ces travaux altérèrent son authenticité en raison de matériaux modernes inadaptés à son style originel. Après une fermeture temporaire, elle rouvrit ses portes en 2004, à la suite des revendications des fidèles. 

Photo Ancienne.


La mosquée a été classée Monument Historique en mai 1979, témoignant de son importance culturelle et spirituelle.

Porte Principale de la Grande Mosquée.


Son architecture se distingue particulièrement par son minaret de style Ottoman, de forme octogonale, rare et unique dans la région, rappelant celui de la mosquée du Pacha à Oran. Ce minaret en fait un élément emblématique du paysage architectural et religieux local. 


Au fil des siècles, l’édifice a connu des usages variés et parfois douloureux. Durant la colonisation française, il fut détourné de sa fonction religieuse pour servir d’écurie à chevaux et de dépôt de munitions

Plus tôt, sous l’ère Ottomane au XVIᵉ siècle, la mosquée devint le centre d’un ensemble vital regroupant des institutions comme Dar d’Al Qaïd, aujourd’hui Musée des arts populaires, et la Maison du Mufti, tribunal appliquant la loi islamique selon les écoles hanafite et malékite

À proximité se développa également un grand marché, cœur de l’activité économique et artisanale, qui attira de nombreux commerçants et caravaniers, notamment après la chute de l’Andalousie et l’arrivée des Morisques vers les côtes du Maghreb.

Ancienne Ecole Coranique.


Restitution de l'Ecole Coranique Par IA.




2. L’Ancienne Muraille de Mostaganem, dont l’origine remonte au XVIᵉ siècle, incarne un pan essentiel de l’histoire urbaine de la ville. En 1550Kheir Eddine Barberousse prend possession de Mostaganem et renforce sa défense en l’entourant de murailles et de forts. Le quartier de Tebanna illustre particulièrement cette organisation : il est protégé par des murailles Arabes à l’Ouest et Turques à l’Est, délimitant ainsi ses contours historiques.


Deux siècles plus tard, en 1750Uthman el Kebir fit construire son palais, adossé à une partie de la muraille, qui devint l’une des grandes résidences de pouvoir de la ville. 

 Muraille sur laquelle s’adossent les Restes du Palais du Bey Mohammed el Kébir.  


Après la conquête coloniale, en 1838, l’administration française ordonna des travaux de consolidation et de mise en état de défense des murailles d’El Belad, complétés en 1841 afin de relier l’ancien Mostaganem à de nouvelles extensions urbaines. 

En 1880, la muraille était encore conservée dans son état, mais le palais du bey fut pris par les Français et transformé en caserne

Les murailles comportaient plusieurs portes monumentales : la porte des Medjahersla porte de Mascarala porte d’Arzewla porte de la Marine et la porte Bab Arssa, qui régulaient les accès à la ville et témoignaient de sa vitalité commerciale et défensive. 

Monument Représentant les Portes de Mostaganem.


Au cours du XIXᵉ siècle, avec l’expansion coloniale française, une grande partie de ces fortifications fut détruite pour permettre l’extension urbaine, mais il en subsiste encore quelques vestiges, notamment des pans de murs et des fortifications. 

Ces restes, bien que fragmentaires, témoignent d’une histoire urbaine complexe, où se superposent héritages antiquesmédiévaux et ottomans.

Pan de Mur rue Abdelaoui Abed. 


Pan de Mur Boulevard Dahra.